Banque de FRANCE: Ouverture programmée de la cité de l’Economie et de la Monnaie en 2019

Banque de FRANCE: Ouverture programmée de la cité de l’Economie et de la Monnaie en 2019

Attendu depuis longtemps, le projet de cité de l’Economie et de la Monnaie créé et financé par la Banque de France devrait finalement voir le jour au début de l’année 2019.

Vue aérienne du projet de Musée – Hotel de GAILLARD

La Banque Centrale française dispose en effet d’un ensemble immobilier, 1 place du Général CATROUX à Paris dans le 17éme arrondissement qui est vacant depuis 2006, date de la fermeture de l’agence de la BdF qui était dans cet ensemble immobilier. Cet ensemble est composé de trois anciens hôtels particuliers qui ont été rassemblés et qui, pendant plusieurs décennies, ont constitué un établissement de la BdF.

Le plus célèbre des trois est l’ancien hôtel particulier datant du XIXeme siècle (construit entre 1881 et 1882), de style néogothique, du banquier Emile GAILLARD.

Achevé en 1882, l’hôtel Gaillard a été inauguré en 1885, lors d’une fête costumée qui a réuni près de deux mille convives, Émile Gaillard étant costumé en Henri ll…

Grand collectionneur, Émile Gaillard a rapporté de ses voyages en France et en Europe aussi bien des œuvres d’art et du mobilier, que des cheminées et des boiseries qu’il a fait incorporer dans le décor et l’ornementation des pièces d’apparat.

Après le décès du financier en 1902, les collections, pour la plus grande partie, furent dispersées. L’hôtel fut mis en vente en 1904.

Nicolas VINCI, responsable de la communication sur le projet Citeco pour le compte de la BdF, souhaite « Créer un lieu interactif qui soit à l’économie ce que la Villette est aux sciences ».

Cet ensemble immobilier est l’ouvre de l’architecte français Victor-Jules Février. Il présente une façade caractéristique en briques rouges, le tout étant agencé autour d’une cour intérieure transformée dans les années 1920 en grand hall avec salle de guichets par l’architecte Alphonse Defrasse. Il est classé Monument Historique depuis 1999. Le tout a été développé sur une surface de plus de 6 000 m2.

Selon le responsable de la BdF, il n’existe aujourd’hui qu’un musée interactif de l’économie qui se trouve à MEXICO. Il s’agit du MIDE qui a ré-ouvert ses portes en 2015, après de très lourds travaux de réaménagement.

Le MIDE de MEXICO, après son réaménagement (crédits photos MIDE)

Contrairement à ce dernier projet toutefois où la numismatique est peu ou pas présente, le futur musée de l’Hôtel GAILLARD réserve une place de choix pour les collections numismatiques de différents établissements publics français. L’ancienne salle des coffres a été précieusement conservée et elle sera utilisée pour présenter les collections numismatiques  provenant de la Banque de France, de la Bibliothèque nationale de France, du Conservatoire national des arts et métiers et de la Monnaie de Paris. Le tout sera mis en valeur dans un espace muséal de plus de 2 000m2. Jamais un musée n’avait fait une part aussi belle à la numismatique…

Plan de coupe de la salle des coffres de l’Hotel GALLARD, avec ses douves et son pont levis!

Les travaux de réaménagement se sont étalés sur plusieurs années du fait de la présence d’amiante et de plomb dans l’ensemble des bâtiments. Selon  Nicolas, la facture est « de l’ordre de plusieurs millions d’euros ».

Toutefois en septembre 2015, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France de l’époque, avait annoncé un budget compris entre 30 et 40 M€, le montant des travaux de remise aux normes du bâtiment venant en supplément de ce montant.

La BdF souhaite que le billet d’entrée soit vendu entre 8 et 12 € et se fixe un objectif  de 130 000 visiteurs par an.

D’autres aménagements sont prévus autour du musée tels qu’un auditorium de 100, un espace de 400 m2 réservé aux expositions d’art contemporain et un café, situé sous la verrière de la future cours intérieure.

Future cours intérieure, vue du dessus et d’en dessous.


Qui était Emile GAILLARD ?


Issu d’une famille grenobloise de grands bourgeois, Émile Gaillard était le petit-fils de Théodore François Gaillard, fondateur d’une maison de Banque dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, et le fils de Théodore Eugène Gaillard, maire de Grenoble (de 1858 à 1865).

Représentant à Paris de la banque familiale, Émile Gaillard a côtoyé les grands banquiers de son époque (Pereire, par exemple). Ses activités bancaires étaient éclectiques : participation au financement des chemins de fer, gestion des biens du comte de Chambord, contrat avec Victor Hugo, pour ne citer que quelques exemples.

Émile Gaillard avait des goûts artistiques très développés. Élève de Chopin dans sa jeunesse, il était, selon plusieurs sources, son meilleur élève. Chopin lui dédia une mazurka. Lui-même a composé plusieurs morceaux de musique pour piano.

Surtout, passionné par l’art du Moyen Age et de la Renaissance, il a constitué, au cours des ans, une collection considérable de mobilier, objets décoratifs, tapisseries et autres œuvres d’art de cette période. Son habitation de la rue Daru devenant trop exigüe pour la contenir, il décida, en 1878, d’acheter un terrain dans la plaine Monceau, alors en pleine période de construction. L’édification d’un hôtel particulier s’inspirant, notamment, de l’architecture de l’aile Louis XII du château de Blois, lui permit d’abriter sa collection dans un cadre totalement adapté.

L’inauguration de son hôtel, en 1885, fut marquée par une grande soirée, relatée par la presse de l’époque, au cours de laquelle la famille Gaillard reçut ses hôtes habillée en costume d’époque Henri II.

Le tempérament d’Émile Gaillard l’inclinait toutefois à une certaine discrétion et il n’ouvrait, par ailleurs, son hôtel qu’à quelques intimes et amateurs d’art éclairés.

Avec son épouse, Amélie Vassal, il eut cinq enfants (trois filles et deux fils). Il mourut en 1902.

Après son décès, la banque Gaillard a été vendue au Crédit Lyonnais par ses héritiers et la plus grande partie de sa collection dispersée. Une grande vente aux enchères fut organisée à cet effet, en juin 1904. Quant à l’hôtel, mis en vente également en 1904, il ne trouva un acquéreur qu’en 1919, avec son achat par la Banque de France pour en faire une succursale.

Emile GAILLARD fut par ailleurs l’ami de CHOPIN, qui lui dédia une MAZURKA.

Destinée à ne rester peut-être qu’un manuscrit dédicacé en souvenir, elle est néanmoins publiée vers 1841. Cette œuvre se voit même attribuer le numéro d’opus 43 par erreur car la Tarentelle portait déjà ce numéro.

Cette mazurka restera à la postérité avec son titre anecdotique, c’est à dire le nom de son dédicataire ou Mazurka « à Émile Gaillard ».


Le style architectural Néo-gothique:


Les styles architecturaux n’apparaissent pas, au fil de l’histoire, dans une chronologie parfaitement rythmée. Les styles naissent, perdurent, se marient, s’entremêlent, s’exacerbent ; ils disparaissent, renaissent, au gré des contraintes économiques, des innovations techniques, des ambitions socio-politiques, culturelles, scientifiques ou spirituelles, sans parler des influences de l’imaginaire collectif. « Le caractère particulier des architectures provient aussi du climat mental dans lequel elles se sont développées » disait l’écrivain et critique d’art anglais John Ruskin (1819-1900).

L’utilisation de la grammaire gothique, en particulier en architecture, est peut être l’exemple le plus illustratif de la vie des styles architecturaux dans l’histoire : de l’époque où l’abbé Suger conçoit la cathédrale de Saint Denis (XIIe siècle) à l’érection de la Tribune Tower de Chicago (en 1925), voire à la conception de la maison de Citizen Kane dans le film réalisé par Orson Welles (en 1941), ce style a connu engouement et mépris, oubli puis survivance et renaissance.

En France, l’historien et archéologue Arcisse de Caumont (1801-1873) donna à la « renaissance gothique » son assise scientifique, historique et archéologique. Il fonda, entre autres, la Société des antiquaires de Normandie, la Société française d’archéologie, la Société pour la conservation des monuments. Par ailleurs, il publia une histoire sommaire de l’architecture religieuse, civile et militaire au Moyen Age et une histoire de l’architecture au Moyen Age.

La pensée intellectuelle et artistique dominante au début du XIXe siècle est marquée par le romantisme, le relativisme, le nationalisme (Fichte, De Staël). Les romantiques et le courant historiciste ont réveillé les goûts pour les arts du Moyen Age. Victor Hugo publie, en 1830, « Notre Dame de Paris » : dans cette œuvre, l’édifice est élevé au rang de personnage.

En Allemagne, la cathédrale de Cologne, dont l’édification avait commencé au XIIIe siècle, est achevée en 1880 et certains châteaux bavarois ont, auparavant, été édifiés dans le style néo-gothique.

Mais c’est incontestablement en Angleterre que le néo-gothique (Gothic revival) s’est le plus développé et que l’on en trouve le plus grand nombre d’exemples, aussi bien dans l’architecture civile que dans l’architecture sacrée.

Nombre d’édifices néo-gothiques ont été, comme l’hôtel Gaillard, édifiés par des entrepreneurs ou hommes d’affaires.

Aux États-Unis, centre émergeant du capitalisme à la fin du XIXe, cette tendance a été particulièrement nette, avec notamment le Biltmore Estate. Il a été construit en 1888-95, en Caroline du Nord, par l’architecte Richard Morris Hunt pour le compte du milliardaire George Vanderbilt. Ce dernier était un magnat du secteur ferroviaire. Tout comme l’hôtel Gaillard, le Biltmore Estate est inspiré du château de Blois.

Sources: Le Parisien, site internet CITECO et NUMISMAG.

5 Commentaires

  1. henri sergent

    13th Oct 2018 - 8 h 47 min

    je suis président d’un club numismatique et j’aimerais bien organiser une visite de ce musée. Serai t’il possible de me tenir au courant de la date d’ouverture de ce musée. et si il existe de la documentation concernant la thématique qui y sera faite , que je puisse en faire une présentation, lors d’une réunion a mon club se serai super.
    En l’attente de votre réponse je vous remercie par avance et a bientôt. Henri Sergent

    • Pierre

      14th Oct 2018 - 16 h 44 min

      Bonjour,

      Le mieux est de surveiller le site de NUMISMAG car vous devriez avoir trés prochainement plus d’informations…

      Bien cordialement,

      Team NUMISMAG

  2. henri sergent

    13th Oct 2018 - 8 h 49 min

    Henri Sergent
    28 rue du chanoine Goldschmitt
    57430 Sarralbe

  3. henri sergent

    13th Oct 2018 - 8 h 52 min

    vivement la fin des travaux que je puisse admirer les collections qui y seront présenter

  4. henri sergent

    13th Oct 2018 - 8 h 54 min

    vivement l’ouverture

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