Les premières pièces de Monnaie de l’Afrique du Sud

Les premières pièces de Monnaie de l’Afrique du Sud

Le troc  a été le premier « système monétaire » servant de base aux échanges commerciaux en Afrique du Sud. L’usage de la Monnaie s’est développé avec l’installation de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) dans la région du cap. La VOC était une compagnie privée des Pays Bas (alors sous domination espagnole) qui commerçait avec les Indes (sous-continent indien actuel). Le Cap était une escale logique sur la route maritime vers les Indes. Le canal de Suez n’était pas encore percé et la voie maritime présentait l’avantage de permettre l’acheminement de marchandises vers l’Europe en plus grande quantité que par voie terrestre. Il était donc logique que la VOC établisse un comptoir au Cap de bonne espérance.

À l’issue de la guerre de Quatre-Vingt ans, l’indépendance des Provinces unies est officiellement reconnue par l’Espagne en 1648. Pourtant, en 1652, lorsque Jan van Riebeeck fonde la colonie du Cap, c’est toujours la pièce espagnole de 8 Real qui était la pièce de base utilisée dans les relations commerciales aux Pays-Bas et en Afrique du Sud, alors que ceux ci bénéficiaient depuis 4 ans de l’indépendance. Les pièces espagnoles étaient encore un standard dans les relations commerciales internationales des Provinces Unies.

 

Les premières pièces de Monnaie de l'Afrique du Sud

 

« 8 reales » espagnole 1652 en argent 

 

Aussi, la COV avait reçu l’autorisation de l’Espagne d’utiliser des pièces de huit real similaires mais avec des gravures différentes pour le commerce avec le monde de l’Est.

Finalement, le florin des Provinces Unies fut introduit au Cap dés 1681 et remplace les « reales espagnols ». À peu près à cette époque, la VOC a également émis des billets de banque en rix-dollar.

A partir de 1726, la COV frappe des monnaies en cuivre ainsi que des ducatons et des florins en argent. Certaines de ces pièces seront livrées à la colonie du Cap.

 


Les Monnayages de la COV


 

 

Les premières pièces de Monnaie de l'Afrique du Sud

Monnaies en cuivre de la VOC

La Compagnie anglaise des Indes orientales, grande concurrente de la VOC, avait également mis en circulation des roupies indiennes en argent ainsi que des pagodes et des mohurs en or. Outre ces pièces, les grilles tarifaires de l’époque de l’époque mentionnent le koban japonais, la guinée anglaise, les joannes portugaises, les roubles russes et les pièces de plusieurs autres nationalités.

C’est la preuve que le commerce au XVIIIème siècle était déjà fortement mondialisé et que l’épicentre de ce dernier s’éloignait peu à peu de l’Europe.

 

Joannes portugais – 1820

 

En 1795, lors de la première occupation britannique de la colonie du Cap, il y avait une pénurie perpétuelle de petites coupures monétaires alors que la VOC en quasi-faillite était sur le point de disparaître (Elle fut finalement dissoute en 1799). Les pennies « roue de charrue » (cartwheel penny)  de 1797 ont été introduits en 1800 et avaient une valeur faciale égale à deux stuivers de la VOC.

En 1803, la République Batave, qui avait succédé à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, prit en charge la réforme de la monnaie dans la colonie du Cap. Elle propose de faire du florin la monnaie standard du Cap et de limiter le cours légal du ducaton, du rix dollar, du Duit de la VOC.

 

Les premières pièces de Monnaie de l'Afrique du Sud

1/2 Duit argent de la VOC – daté de  1753

L’utilisation des pièces en cuivre britannique s’était cependant déjà répandue dans toute la colonie, nécessité faisant loi en période de pénurie de petites pièces à faible valeur faciale.

Lors de la seconde occupation britannique en 1806, pour pallier la rareté des petites pièces, les pièces de florin de bateau sont mises en circulation. Un autre approvisionnement en shillings et en pennies a été mis en circulation et le doublon espagnol de seize dollars est mentionné pour la première fois.

Les troupes continuent d’être payées avec ces dollars espagnols.

 


Une première tentative de monnayage local

à GRIQUA TOWN en 1815-1816


 

Au Griqualand, en 1815, quatre pièces ont été mises en circulation. Il s’agissait de pièces de dix et cinq pence en argent, d’un demi penny et d’un quart de penny en cuivre.

Griqua Town a été fondée en 1812 par deux missionnaires de la « London Missionary Society ». À l’origine, la ville s’appelait Klaarwater, mais le nom en a été changé en 1813. La population était composée d’un mélange de colons non sédentarisés et de tribus indigènes africaines. La population locale ne considérait pas ces pièces comme une monnaie. La population considérait plutôt qu’il s’agissait d’une expérience monétaire de la « London Missionary Society », une initiative privée.

Elle ne fut pas un succès et ces pièces furent rapidement retirées de la circulation. Elles furent ensuite pour la plupart fondues. Elles sont de ce fait rares aujourd’hui.

Ces pièces sont considérées par les numismates sud africains comme la première monnaie sud africaine et sont donc recherchées.

 

Les premières pièces de Monnaie de l'Afrique du Sud

 

10 pence argent GRIQUATOWN – Afrique du Sud – 1815 

 

Prix de la pièce de 10 pence GRIQUA TOWN en vente sur offre:

 

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5 pence argent – GRIQUATOWN – Afrique du Sud – 1815 

 

Prix de la pièce de 5 pence de GRIQUA TOWN en vente sur offre:

 

 

 

Les premières pièces de Monnaie de l'Afrique du Sud

 

Demi penny en cuivre – GRIQUATOWN – 1815/1816

 

Prix de la demi penny en cuivre GRIQUA TOWN en vente sur offre:

 

Quart de penny en cuivre – GRIQUATOWN – 1815/1816

 

Prix du quart de penny en cuivre en vente sur offre:

 

 

 

 

Set complet proof du monnayage de GRIQUATOWN – 1815/1816  (vente SINCONA)

 

Prix de vente du set en vente sur offre:

 

 

Empreinte en Plomb (pour une 100 pence?) – GRIQUA TOWN 1815/1816

 


A quoi sert une prise d’empreinte en plomb?

La prise d’empreinte avec du plomb est réservée à la phase finale d’une gravure afin de contrôler le résultat du  travail du graveur.

On  prépare des feuilles de plomb, les plus pures possible. On y découpe des flans dont la taille correspond aux modules les plus fréquents. On nettoie une des faces du flan en le grattant avec une râpe à plomb.
Pour appuyer sur le flan, on utilise une galette d’acier légèrement concave, sur laquelle on réalise des stries au tour, stries qui vont avoir pour effet de limiter le filage du plomb.
La prise d’empreinte s’effectue à l’aide d’un balancier. Cela assure une frappe bien verticale et la frappe est plus appuyée.

Source: site 10francsgenie.fr de Jean Luc Marechal, ancien maître graveur de la Monnaie de Paris.

NB: Cette technique est utilisée pour des frappes modernes, mais sur le principe, elle est utilisée depuis le début de l’industrialisation de la frappe des monnaies et jetons, à partir du 17éme siècle.


 

En 1823, la colonie du Cap proposa de produire sa propre monnaie. Cette tentative échoua car le gouvernement britannique prévoyait de généraliser l’usage de la livre sterling dans toutes ses colonies. C’est ce qu’il fit au Cap à partir de 1826.

Comme toujours, nécessité faisait loi. Aussi, lorsque l’approvisionnement en pièces de monnaie britanniques était insuffisant pour payer les troupes de garnison, d’autres pièces d’argent telles que les dollars espagnols, les dollars siciliens, les dollars américains, les francs français et les roupies indiennes étaient également utilisées. Les souverains frappés par la Monnaie de Sydney avaient cours légal dans la colonie du Cap.

Au Natal, il n’y avait pas de monnaie officielle bien que les pièces d’or et d’argent britanniques soient les principales pièces en circulation. Le cuivre était pratiquement inconnu et, en raison de la pénurie de petites monnaies, les magasins émettaient des jetons et des bons d’achats.

La roupie indienne était importée de Maurice par la diaspora indienne, mais elle n’était pas populaire dans la colonie. Son usage n’était effectif qu’en cas de pénurie avérée.

Avant et après la déclaration d’indépendance de l’État libre d’Orange en 1854, la monnaie britannique était largement utilisée. Les paiements du gouvernement étaient cependant souvent évalués en rix-dollars.

En raison de la pénurie de petite monnaie et de l’utilisation intensive des bons d’achats et des jetons, il a été suggéré que le gouvernement ait sa propre monnaie métallique. Cela n’a jamais été plus loin. Cependant, divers essais de différentes coupures ont été frappés par des mints anglais privés.

En 1900, la monnaie de la République sud-africaine a été adoptée comme monnaie légale.

Dans le Transvaal, les transactions monétaires se faisaient initialement en rix-dollars, mais le système de la livre sterling fut utilisé simultanément, puis exclusivement, à partir de 1868. La monnaie britannique, les jetons et les bons d’achats ont été largement utilisés.

 


Le gold POND de T.F.BURGER


 

En 1874, le président T.F.Burgers fit frapper des livres d’or (« gold pond » en afrikaan) qui étaient l’équivalent du souverain britannique.

Ces pièces sont rares et très recherchées par les collectionneurs.

 

 


La première série de KRUGER POND de 1892


 

 

En 1890, la République du Transvaal décida de frapper ses propres pièces de monnaie. Différents modèles et épreuves de différentes propositions ont été frappés.

En 1892, toutes les coupures équivalentes à la série britannique en livres sterling avec Paul Kruger au verso ont été émises.

Une variété de coin ou pond « double shaft » au millésime de 1892 est connu des numismates sud africains.

 

Variété « double shaft »

 

Frappe « single shaft », qui constitue la majorité des pièces frappées en 1892

 


Le saint graal du numismate sud africain: le pond 1898″single 9″

(simple neuf en contre marque)


 

 

 

 

La vente de la pièce la plus rare et la plus célèbre d’Afrique du Sud, la pièce de 1898 avec la contre marque « single 9 », a été conclue pour un montant sans précédent de 20 millions de rands en 2010.

Cette pièce a été à juste titre surnommé la pièce « Reine des pièces sud-africaines » et compte parmi les pièces rares les plus précieuses au monde.

 

 

La « Single 9 » a été la première pièce d’une livre d’or produite pendant la guerre anglo-boer entre l’Afrique du Sud et l’Empire britannique en 1899.

À cette époque, le gouvernement de la République sud-africaine cherchait à se légitimer aux yeux de la communauté internationale. L’un des meilleurs moyens d’y parvenir était de fabriquer sa propre monnaie. Comme il ne disposait pas d’installations permettant de produire des matrices pour la frappe de la monnaie en Afrique du Sud, le gouvernement a passé un contrat avec un hôtel des monnaies en Allemagne pour créer des matrices pour la frappe de la monnaie de 1899. En route de l’Allemagne vers le Transvaal, la cargaison de matrices a été interceptée et saisie par les Britanniques.

Toutefois, toujours désireux de poursuivre la fabrication de leurs propres pièces, le gouvernement sud africain décida d’utiliser des matrices de 1898 et de poinçonner un 9 sur l’avers des pièces datées de 1898.

Une fois la première pièce fabriquée, ils se sont rendu compte que le 9 était trop grand. Il empiètait sur le buste du président Kruger. Seule cette première pièce unique a été contre marquée avec ce poinçon, et toutes les pièces suivantes frappées à cette occasion ont été frappées avec une paire de neuf, plus petits. Cette deuxième frappe de pièces est appelée le « double 9 ».

L’exemplaire unique de la « Single 9 » a été immédiatement remise au consul général des États-Unis, C.E. Macrum, afin d’assoir le fait aux yeux de la communauté internationale que la République sud-africaine était un pays indépendant, donc doté de sa propre monnaie.

Deux lettres concernant cet événement, l’une écrite par l’assesseur du gouvernement de l’époque, J. Perrin, et l’autre par Macrum lui-même ont été retrouvées. Macrum avait également fait graver une petite lettre « M » sur la pièce, sous le buste de Kruger, comme un marqueur permanent de sa provenance.

Après que Macrum ait pris possession de la pièce, celle ci réapparait lors de la vente aux enchères des « Collections du Palais d’Égypte » en 1954 c’est à dire la collection rassemblée par le roi Farouk d’Égypte. Dans le catalogue de cette vente, il est noté qu’il s’était procuré la pièce à Paris quelques années auparavant. La pièce a été vendue aux enchères avec 18 autres pièces sud-africaines de l’énorme collection du roi.

Baldwin’s de Londres l’a achetée au nom du Dr Froelich de Port Elizabeth, en Afrique du Sud, pour une somme de 655 livres égyptiennes. La pièce est ensuite restée en Afrique du Sud. La pièce est ensuite apparue en vente publique lors de la vente aux enchères postale n°9 de 1969, où elle s’est vendue pour 2 530 Rands. En 1983, elle est de nouveau mise aux enchères dans le cadre de la vente aux enchères postales de Phoenix n° 30. Elle s’est alors vendue pour 132 000 rands.

En 1999, année du centenaire de la guerre des Boers, la pièce a été vendue à titre privé par le marchand Walter Fivaz pour le compte de M. Kraay pour la somme de 4,65 millions de rands. Peu de temps après, en 2001, elle a de nouveau été vendue à titre privé pour 9,8 millions de rands. Enfin en 2010, elle a été vendue pour 20 millions de rands, soit 994 880€.

 

 

Vente en 2010 de la 1 pond or « single 9 »

 

Toutes ces monnaies constituent les premiers monnayages de l’Afrique du Sud et ont de ce fait une importance historique et numismatique bien établie. Beaucoup de collections ont donc logiquement été constituées en Afrique du Sud et dans différents pays anglo-saxons autour de cette thématique.

 


Gold VELD Pond de 1902 de SCHALK BURGER


Artefact des dernières heures de la guerre des Boers, ce type monétaire a été produit à partir d’or 24 carats pour payer les soldats boers,  frappé avec des moyens de fortune dans un atelier monétaire de campagne qui suivait l’armée boer, dans la région de Pilgram’s Rest.

P.J. Kloppers a souvent été présenté comme  le « directeur » de ce mint. Il n’avait aucune expérience professionnelle en tant que graveur monétaire car employé auparavant comme professeur d’école. Ce mint de campagne a été chargé de créer les matrices monétaires.

La simplicité a prévalu avec l’utilisation du monogramme « ZAR » (République d’Afrique du Sud), de la date et de la valeur faciale.

Comme on peut s’y attendre d’un type monétaire conçu sur un champs de bataille, la majorité de ces pièces n’ont pas été conservées avec soin. Beaucoup se sont retrouvés montées sur des bijoux ; étant dans les poches de soldats, ils n’ont certainement pas été immédiatement canalisés dans des cabinets de collection.

 

Les premières pièces de Monnaie de l'Afrique du Sud

 

VELD POND en or de 1902 de S. BURGER

 

Il existe deux versions de cette pièce, la plus rare se distinguant par une virgule au dessus du « Z » de ZAR.

 

Les premières pièces de Monnaie de l'Afrique du Sud

A gauche la version avec une virgule et à droite la version sans virgule – la plus courante

Comme toujours, les prix varient selon l’état de la pièce et si c’est une variété avec ou sans virgule.

 

Les premières pièces de Monnaie de l'Afrique du Sud

 

 

Les premières pièces de Monnaie de l'Afrique du Sud

Atelier monétaire de campagne de Pilgram’s Rest

 

Sources: Banque Centrale d’Afrique du Sud, Research of Dr Rentia Landman « VELDPOND: THE TRUE FACTS »et NUMISMAG©.

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