Les billets de banque des « Caisse d’Échange des Monnaies » 1798 – 1803

Les billets de banque des « Caisse d’Échange des Monnaies » 1798 – 1803

Tous ceux qui s’intéressent au papier-monnaie de la fin du XVIIIè, ont certainement croisé dans les ventes, chez les marchands de curieux billets dont les établissements émetteurs se nomment « Caisse d’échange des monnaies » suivi du nom de la ville où ils ont été émis. Mais qui connaît véritablement leurs histoires ? – C’est une collection intéressante à faire d’autant plus s’il est replacé dans son contexte historique. Nous avons fait le point sur les prix pratiqués sur le marché.

 

CONTEXTE HISTORIQUE
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Après la chute de Robespierre le 27 juillet 1794, le nouveau pouvoir thermidorien abandonne l’économie dirigée, les contraintes économiques et les pratiques de la Terreur. La Convention repentante libère les prix, les changes, la Bourse, les métaux. Mais elle relance l’inflation car l’État n’a plus d’autre ressource. En avril 1795, on annonce la fabrication de 3,2 milliards d’assignats nouveaux. Le rythme des émissions passe en 1795 de 700 millions par mois à 3 milliards, puis, avec le Directoire, à 5. L’inflation monstrueuse qui s’ensuit désorganise complètement l’économie. Les conséquences sociales dramatiques – la disette – frappent la population salariée et les gens à revenus fixes. Mais, à cette époque, l’assignat reste accepté, à sa valeur nominale, pour le paiement des impôts et pour l’acquisition des domaines nationaux.

Le Directoire devant les difficultés qu’il rencontre annonce que les presses seront brisées ! La planche aux assignats est effectivement détruite le 30 pluviôse an IV (19 février 1796) devant une foule considérable. Le Directoire, qui en reste cependant tributaire, tente de lancer un nom nouveau, le mandat territorial, mais il échoue comme l’assignat. En février 1797, il ne vaut plus que 1 % de sa valeur monétaire initiale. Le Directoire procède alors à sa démonétisation pour revenir à la monnaie métallique.

La monnaie d’or, déjà fort rare sous la royauté, avait alors presque complètement disparu. L’argent blanc, comme on disait autrefois, faisait une grosse prime et au contraire les assignats avaient perdu presque toute valeur. Comme on ne dispose plus alors que de 300 millions de livres en métal, la déflation est très brutale.

Le manque de monnaie métallique, sauf pour la petite monnaie de cuivre et de billon surabondante, se fait durement sentir. Tout le monde en était réduit à utiliser la monnaie de billon, dite monnaie grise. Or, le billon est encombrant, difficile à transporter à cause de son poids et demande beaucoup de temps pour être compté. Pour remédier à ces inconvénients, on avait imaginé des bons de sous ou billets de sol, émis par certaine banques, détentrices de cette monnaie. C’est ainsi que sont apparu les Caisses d’échanges des monnaies et leurs émissions de billets.

 

LES CAISSES D’ÉCHANGES DES MONNAIES
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Les Caisses d’Échange des monnaies font parties des banques dite « libres » qui se sont développées à la fin du 18ème siècle jusqu’au 1ère années du 19ème siècle. Elles émettaient des billets libellés en francs ou plus rarement en sol ou livre tournoi et remboursables à vue.

Les Caisses d’Échange des monnaies étaient appelées « banques de sol » car justement leurs billets n’étaient pas directement convertibles en monnaie d’or ou d’argent. Tout détenteur de ces billets pouvait se présenter à son guichet pour s’en faire rembourser le montant en monnaie de cuivre ou en billions, c’est-à-dire en monnaie divisionnaire.

Ces banques de sol furent nombreuses dans toute la France ; il en a été recensé au moins deux émettant à Paris. Celles qui nous intéressent, sont les caisses qui ont émis des billets que l’on trouve aujourd’hui, comme la Caisse d’Échange des monnaies à Paris; en province, la Caisse d’Échange des monnaies de Caen, d’Orléans mais aussi de Rouen.

Les Caisses d’Échanges voyaient principalement le jour dans les villes manufacturières et commerçantes. Dans certaines villes de province s’établirent des banques de sol, qui en plus de pratiquer l’émission fiduciaire, accordaient également du crédit et jouez ainsi un rôle d’intermédiaire financier. Ces banques établissaient des succursales dans les départements. Ce système de banque d’émission assez courante exista partout en France. Cependant la quantité de billets circulant en province était plus faible que celle circulant à Paris.

Quelques billets de caisse d’échange sont libellé en livres tournois, principalement pour les premières émisions. Il faut rappelé qu’avec la dernière série d’assignat est réapparu l’appellation de franc. Mais le système est toujours duodécimal, c’est celui de la livre tournois, et seul le nom de l’unité monétaire est changé. 

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LA CAISSE D’ÉCHANGES DES MONNAIES
DE ROUEN
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Rouen, a été une grande ville sur le plan monétaire ou il existait plusieurs banques de sol, ainsi que des banques plus classique, comme la banque de Rouen, la Société générale de commerce de Rouen, qui émettaient des billets libellés en franc, en petites coupures remboursables en argent et en or.

Fondée par la banque Thézard et Cie et deux autres négociants, la  Caisse d’Échange des monnaies de Rouen ouvrit ses portes en 1798, quelques mois après la banque de Rouen (février 1798), au 63 rue au Juifs. Elle été dirigée par les fils du défunt agent de change Thézard et ses associés G. Hermel et Lachesnez-Heude. Il est a noté que Guillaume Hermel fût administrateur de la Caisse patriotique de 1790 à 1792.

Cette banque proposait, à des conditions relativement avantageuses, d’échanger ou d’escompter des effets de commerce contre des billets de sols remboursables à son guichet en monnaie de cuivre et de billon.

Sur les billets est inscrit:

« A vue nous paierons au porteur …. en Monnaie de billon, Cuivre ou Cloche, au cours de ce jour, comme nous les avons reçus. »

Cette offre s’adressait principalement au monde manufacturier et du commerce qui devait à tout prix faciliter la circulation d’une monnaie divisionnaire devenue, à la suite des désordres monétaires, le moyen de paiement privilégié dans les classes populaires et ouvrières.

La caisse était en relation avec la banque Parisienne Cheradame, Bidois & cie, 56 rue de Ménard. Celle-ci fournissait par envoi de fond, des écus et des sols à la caisse de Rouen. Cheradame, Bidois & cie qui fit faillite en décembre 1805, faisait également du négoce de toiles et draps. Il faut préciser que dans le métier de banquier à Paris dans les années 1800, il n’y a pas eu d’évolution par rapport à la période de l’Ancien Régime. En particulier, dans la persistance du flou des frontières, entre négoce et banque.

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Les billets de la Caisse d’Echange des monnaies de Rouen

Nous vous présentons les émissions connus avec des cotations indicatives.

 

Les premières émissions de l’An 6 – 1798

400 sols soit 20 Francs  – Caisse d’échange de Rouen
du 1 er Fructidor An 6 (18 août 1798),

Série A


Billet non émis avec son talon et sa feuille complète non massicotée
La série A est sans indication de nom de rue et Sans signature

Cotations

TTB : 220€
SUP : 340€
SPL : –


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Série E

Caisse d’Echange des monnaies à Rouen, Rue au Juifs N° 63


Billet non émis avec son talon

Signature imprimée du caissier Ch.Asselin 

Cotations

TTB : –
SUP : 120€
SPL : 180€
Pr NEUF : 200€


 

Filigrane et Numéro des formes

Comme pour les assignats chaque forme utilisée pour la fabrication du papier des billets était numérotée en filigrane en bas de la feuille.

 

Les émissions de 1799 et 1801

Pas d’émission connu pour les périodes de l’an 7 à l’an 9

 

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Les émissions de l’An 10 – 1801

Caisse d’Echange de monnaie à Rouen, Grande Rue N° 153

 

20 francs  – Caisse d’échange de Rouen
du 1 er frimaire An 10 (22 novembre 1801)

Numéros de série connus pour les billets non émis avec talon:


série I

Signature imprimée du caissier Ch.Asselin

Nota : Ce billet comporte les noms de tous les associés de la Banque;
E.Desmarest père, G.Hermel, Lachesne-Heude fils et neveu et Thezard & cie

Cotations

TTB : –
SUP : 200€
SPL : –


 

Numéros de série connus pour les billets émis :


série F – série G – série H – série I

Signé du caissier Ch.Asselin
et signature manuscrite à gauche non visible

Nota : Ce billet comporte les noms de tous les associés de la Banque;
E.Desmarest père, G.Hermel, Lachesne-Heude fils et neveu et Thezard & cie.
Mais le nom E.Desmarest père est recouvert par une frise en surimpression

Tous les billets émis comportent deux tampons « annulé »

Cotations

TTB : 200€
SUP : 340€
SPL : 


 

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Les émissions de l’An 12 – 1803
Caisse d’Echange de monnaie à Rouen, G.Hermel et Cie, Rue du Fardeau N° 13

 

20 francs  – Caisse d’échange de Rouen
du 1 er frimaire An 12 (23 novembre 1803)

Numéros de série connus pour les billets non émis avec talon:


série A  – série B

Signature imprimée de Ch.Asselin

Nota : Ce billet ne comporte plus les noms des associés de la Banque
Seul le nom d’un des fondateur , G.Hermel et Cie est indiqué sur le talon

Cotations
SUP : 100€
SPL : 140€
pr neuf : 160€


 

Numéros de série connus pour les billets émis :


série A – série B – série G – série H

Signature imprimée de Ch.Asselin
signature manuscrite à gauche du caissier Brière
et signature manuscrite à droite de Guillaume Hermel (associé fondateur)

Tous les billets émis comportent deux tampons « annulé »

Cotations

TTB : 200€
SUP : 340€
SPL : –


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Les émissions de l’An 12 – 1803
Caisse d’Echange de monnaie à Rouen, G.Hermel et Cie, Rue du Fardeau N° 13

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100 francs – Caisse d’échange de Rouen
du 1 er frimaire An 12 (23 novembre 1803)
– Billet émis –

impression noir et rouge vermillon

 

Numéros de série connus pour les billets émis :


série B  – série

Signature imprimée de Ch.Asselin
signature manuscrite à gauche du caissier Brière
et signature manuscrite de Guillaume Hermel (associé fondateur)
Tous les billets émis comportent deux tampons « annulé »


Impression lithographique par Pierre Périaux, imprimeur et libraire à Rouen.

Cotations

TTB : 50€
SUP : 70€
SPL : 90€
Pr neuf : 120€ 


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100 francs non émis
impression noir et rouge vermillon

Il existe des billets neuf avec la signature manuscrite du caissier ainsi que le numéro de la série, sans leur talon. Ces billets semble avoir été prêt pour être émis. il ne manquait plus que la signature du co-fondateur de la banque : G.Hermel.

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Numéros de série connus pour les billets non émis avec ou sans talon:


série

Signature imprimée de Ch.Asselin
signature manuscrite du caissier Brière
et signature manuscrite de Guillaume Hermel (associé fondateur)

Le nom d’un des fondateurs , G.Hermel et Cie est indiqué sur le talon

Impression lithographique par Pierre Périaux, imprimeur et libraire à Rouen.

Cotations
SUP : 100€
SPL : 140€
pr neuf : 160€


 

Dès 1801, la banque d’Echange de Rouen a été vivement attaquées par la Banque de Rouen qui lui imputait le faible succès de ses propres billets de banque (gagés uniquement et contrairement aux banques de sols, sur une base métallique argent) et l’accusait de faire revenir l’inflation de papier-monnaie. De plus la caisse d’échange de Rouen Thézard et Cie à un francs succès auprès des marchands, fabricants ce qui affolent les administrateurs de la banque de Rouen. Les plaintes de celle-ci furent relayées par le ministre du Trésor François Barbé-Marbois auprès de Napoléon…

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LA CAISSE D’ÉCHANGES DES MONNAIES
DE CAEN
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Les émissions de 1801

Caisse d’Echange des monnaies à Caen, Rue des Quais N° 63

 

400 sols soit 20 Livres tournois
– Billet non émis avec sa souche –

Bien que rencontrés dans des états de conservation différents, ces billets n’ont pas été mis en circulation. Ils possèdent tous leurs talons. Seul la série B est connue. La série A non rencontrée jusqu’à présent a été mise en circulation et détruite à la fermeture de la banque. La valeur inscrite est encore en Sol et livres tournois. Sur les billets est inscrit:
« La caisse paiera au porteur Quatre Cents Sols, Monnaie de Cuivre tels qu’elle est a reçus, ou à défaut Vingt livres tournois. »

Les billets étaient imprimés par planche de 3 billets. Les billets de la caisse d’échange de Caen ne sont très courant.

 


400 sols soit 20 Francs
du 1er Thermidor An 9 (20 juillet 1801)
Série B
Signé du caissier Delaville
Billet non émis avec son talon

Cotations

TTB : 200€
SUP : 280€
SPL : 340€

En planche de 3 billets :
En vente sur offre, Estimé 500€ en SUP+, vendu 250€ (2018)
Les planches sont rare


 

Planche de 3 billets.

 

 

 

LA CAISSE D’ÉCHANGES DES MONNAIES
A PARIS
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Rue des petits champs N° 1284 – « en face de la Trésorerie »

Il a existé deux banques d’émission parisiennes : la Factorie du commerce et la Caisse d’échange des monnaies. Ces deux institutions émettaient des billets libellés en francs et remboursables à vue, mais c’est cette dernière que nous allons présenter.

Fondé en 1799, la Caisse d’échange des monnaies à Paris permet à tout détenteur de ces billets de se présenter à son guichet pour s’en faire rembourser le montant en monnaie de cuivre ou en billions, c’est-à-dire en une monnaie divisionnaire. Apparemment ces billets de banque s’échangeaient sur Paris exactement au même cours que les billets convertibles directement en métal or ou argent.

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Les émissions de l’An 9 – 1800

12 francs, 50 centimes


Douze francs  50 centimes
du 1er frimaire An 9 (22 novembre 1800)
série A
Papier avec filigrane marqué : Caisse d’échange
Billet non émis avec sa souche

Cotations

TTB : 300€
SUP : –
SPL : –

Billet rare


 

25 francs
– Billet non émis avec sa souche –


25 francs 
du 1er frimaire An 9 (22 novembre 1800)
série B
Papier avec filigrane marqué : Caisse d’échange
Billet non émis avec sa souche

Cotations

TTB : 200€
SUP : 340€
SPL : 450€


 

LA CAISSE D’ÉCHANGES DES MONNAIES
D’ ORLÉANS
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Rue du Colombier, N° 12

Cette caisse d’échange fût fondé par Augustin Huquier aîné, négociants commissionnaire et banquier à Orléans en 1800. Il était également juge au Tribunal de commerce d’Orléans. Comme je le précisais plus haut les monnaies de billon sont encombrantes, difficile à transporter à cause de leurs poids et demande beaucoup de temps pour être compté. Pour remédier à ces inconvénients, on avait imaginé à Orléans des bons de sous ou billets de sol, émis par cette banque.

Ces billets au porteur circulaient de main en main, et rendirent d’abord quelques services. Les boulangers, particulièrement, s’en servaient beaucoup. Ils remettaient ces bons aux meuniers en paiement de la farine qu’ils leur achetaient, et ceux-ci les passaient aux cultivateurs qui leur vendaient les grains de leur récolte. Enfin ces derniers se présentaient chez les émetteurs des billets de sol pour recevoir leur paiement en sous.

Deux arrêtés du Directoire, rendus en l’an IV et en l’an VI, défendaient le paiement en sacs de sous, et décidaient que la monnaie de billon ne devait servir que pour l’appoint. Les cultivateurs, en se présentant chez les émetteurs de bons de sous, demandaient donc de la monnaie d’argent, qui ne leur était remise que sous déduction d’un escompte qui pouvait être ruineux. Il en résulta que les cultivateurs abandonnèrent en masse les marchés d’Orléans, et allèrent porter leurs denrées à Chartres, où les bons de sous n’étaient pas en usage.

C’est en présence de cette situation que le tribunal réunit le commerce Orléanais en 1803. Il exposa aux négociants les graves conséquences qu’aurait pour la place la continuation de l’émission des bons de sous, et leur démontra que ce mode de paiement ne pouvait être légalement opposé aux créanciers. Les commerçants se rendirent immédiatement à ces raisons, et il fut décidé, séance tenante, d’une part, qu’il ne serait plus émis de nouveaux bons ; d’autre part, que les bons en circulation disparaîtraient dans la quinzaine.

 

Les émissions de l’An 10 – 1801, 1802

25 francs – Caisse d’échange d’Orléans
– Billet non émis avec sa souche –


25 francs 
de l’ An 10 (Du  au .)
Série A

Billet non émis avec sa souche
Cotations

TTB : –
SUP :  240€
SPL : 320€
Pr NEUF : 390€


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25 francs – Caisse d’échange d’Orléans
– Billet émis –

Tous les billets émis possède un timbre sec – Rond au recto en bas gauche : au nom d’Augustin Huquier Aîné

 


25 francs 
du 1er pluviôse de l’An 1021 janvier 1802)
Série A
Timbre sec – Rond au recto en bas gauche : au nom d’Augustin Huquier Aîné
Signature manuscrite d’Augustin Huquier Aîné

Billet émis

Cotations :
TTB :  190€
SUP :  220€
SPL : 260€
Pr neuf : 350€


 

50 francs – Caisse d’échange d’Orléans
– Billet non émis avec sa souche –


50 francs
de  l’An 10 (Du  au .
série A

Billet non émis avec sa souche

Cotations :
TTB : –
SUP :  260€
SPL : 340€


 

50 francs – Caisse d’échange d’Orléans
– Billet émis –


50 francs
Du 1er pluviôse de l’An 10 (Du 
série A
Timbre sec – Rond au recto en bas gauche : au nom d’Augustin Huquier Aîné
Signature manuscrite d’Augustin Huquier Aîné

Billet émis
Cotations

TB : 160€
TTB : 250€
SUP :  –
SPL : 400€


 

Les émissions de 180?

100 francs – Caisse d’échange d’Orléans
– Billet émis –


100 francs
Du 1er pluviôse de l’An 10 (Du 
série A
Timbre sec – Rond au recto en bas gauche : au nom d’Augustin Huquier Aîné
Signature manuscrite d’Augustin Huquier Aîné

Cotations

TB :  –
Billet rare


 

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LES BANQUES DE SOLS ACCUSÉE DE BIEN DES MAUX
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Les sources dont disposent les historiens montrent à cette époque charnière de la fin du XVIIIème siècle et début XIXème, un système de prix étonnement stable. Donc on peut en déduire que les banques de sol n’amenèrent pas d’inflation des prix. D’autre part dans la mesure où ces banques créent des instruments fiduciaires, sous forme de billets ou de dépôts non couverts par de la monnaie métallique, on pourrait s’attendre à des crises, des ruées sur ces banques avec faillites éventuellement. L’histoire montre qu’il n’en fut rien.

Des inconvénients ont pu être relevé sur certains type de bons qui présentaient des irrégularités. La somme n’y était pas toujours clairement exprimée. Ou bien il y avait des ratures, des altérations de chiffres. A tort ou à raison, certains émetteurs déniaient leur signature. Impossible de recourir contre les cédants surtout quand les bons avaient passé successivement entre plusieurs mains. C’est pour cela beaucoup de billets de caisse d’échange ont leurs valeurs imprimés pour éviter ses défauts.

Un dernier grief, et pas des moindre, a été que certaines banques d’échange pratiquaient des déductions d’escompte qui pouvait être ruineux si l’utilisateur en demandé le remboursement en monnaies d’argent.

 

POURQUOI LES BANQUES LIBRES
DONT LES CAISSE D’ÉCHANGES ONT ELLES DISPARUE EN 1803
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Si ce système fonctionnait efficacement, comment expliquer sa disparition ? Les historiens de cette période concluent tous que la fin de ce régime bancaire résulte d’une décision du pouvoir politique.

On le doit tout d’abord à Bonaparte, qui malgré les organes législatifs, décide de tout. Il initie une loi en 1803, accordant le privilège exclusif d’émission des billets à une seule banque. De 1800 à 1803, il existait plusieurs banques d’émission dont l’une se nommait la Banque de France. Au départ simple société commerciale elle ne disposait d’aucune clientèle. Il lui a donc fallu fusionner avec une autre banque, la Caisse des comptes courants, qui lui apporta la clientèle. Le premier actionnaire de la Banque de France fut Bonaparte. Il fut entouré d’anciens partisans de la liberté des banques qui participèrent au coup d’Etat du 18-brumaire trois ans auparavant. On accusa les banques concurrentes de la Caisse des comptes courants et maintenant de la Banque de France d’engendrer des sérieux inconvénients. Le premier était l’émission des billets. Le billet possède la caractéristique de ne pas coûter cher.

La concurrence limite radicalement l’émission de monnaie fiduciaire, en particulier de billets. Par conséquent si l’on souhaite pratiquer une politique monétaire expansionniste ou inflationniste, il est indispensable de supprimer la pluralité de l’émission. Ce fût la raison invoquée en 1803 pour détruire la liberté d’émission. Dans son article 1er il est accordé le privilège exclusif d’émission de billets à la Banque de France en pénalisant toutes les autres banques. L’article 30 supprime expressément le droit d’émission de tous les concurrents et leur demande nommément de bien vouloir retirer leurs billets de la circulation. Les considérations politiques l’emportent sur une rationalité économique qui aurait sans doute consisté à laisser subsister les divers diffuseurs de crédit.

 

 

 

 

Sources : NUMISMAG©

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